GRAND PARIS (Maurice Leroy, Ministre de la Ville, en charge du Grand Paris)

Publiée dans le JO Sénat du 25/11/2011 – page 8465

M. Pierre Charon. Ma question s’adresse à M. le ministre de la ville.

Monsieur le ministre, grâce à votre action décisive tout au long de l’année 2011, le projet du Grand Paris est résolument entré dans sa phase de réalisation. Il s’agit désormais d’une ambition partagée par tous,…

M. Jean-Louis Carrère. Non !

M. Pierre Charon. … et l’élu parisien que je suis ne peut que s’en réjouir.

Le développement du plateau de Saclay est l’un des piliers du grand projet présidentiel. Il s’agit de faire émerger autour de ce plateau l’un des principaux pôles d’attraction au monde pour toutes les activités liées à l’innovation, en s’appuyant sur les formidables potentiels scientifiques et technologiques qui y sont regroupés. La réussite de ce projet est d’autant plus importante que, aujourd’hui, notre économie doit se battre pour gagner le moindre point de croissance.

Le 29 avril 2009, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Président de la République, dans un discours visionnaire (M. Jean-Vincent Placé rit.), nous présentait le projet du Grand Paris.

M. Didier Boulaud. C’est le Grand Paris de l’UMP !

M. Pierre Charon. Dix-huit mois après l’adoption de la loi relative au Grand Paris, pouvez-vous informer le Sénat de l’avancement du projet Paris-Saclay ?

En dépit de l’accord historique sur les transports en Île-de-France conclu le 26 janvier 2011 avec le président de la région, Jean-Paul Huchon, en présence des présidents des conseils généraux des huit départements franciliens, la desserte du plateau de Saclay faisait encore l’objet de divergences. Notre collègue Jean-Vincent Placé en sait quelque chose… (M. Jean-Vincent Placé sourit.)

Pouvez-vous nous rassurer sur ce point, monsieur le ministre ? Plus particulièrement, pouvez-vous nous indiquer comment le métro du Grand Paris rendra possible l’intégration de ce cluster scientifique et technologique dans la métropole ? Comment le projet d’aménagement porté par l’établissement public Paris-Saclay, l’EPPS, permettra-t-il le déploiement du campus tout en respectant les espaces naturels et agricoles qui font aussi la richesse du plateau ?

Enfin, comment la dynamique d’innovation économique espérée par tous se met-elle en place entre les différents établissements de recherche et d’enseignement supérieur, ainsi qu’entre ceux-ci et les centres de recherche et de développement des entreprises ? (Applaudissements sur les travées de l’UMP et sur certaines travées de l’UCR.)

Réponse du Ministère de la ville

Publiée dans le JO Sénat du 25/11/2011 – page 8465

M. Maurice Leroy, ministre de la ville. Monsieur le sénateur, le projet Paris-Saclay sera un moteur de croissance pour l’économie française tout entière.

Sur le plateau de Saclay, l’année 2011 aura été très riche en avancées. Dans l’acte motivé, voté à l’unanimité par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, il a été décidé que les principaux sites du cluster, de Massy à Versailles en passant par Saint-Quentin-en-Yvelines et le campus, seront desservis par le métro automatique.

La Société du Grand Paris étudie toutes les solutions pour tenir le calendrier fixé, le 10 octobre dernier, par le Président de la République.

En 2011, la dynamique de constitution de l’université de Paris-Saclay s’est accélérée, sous le pilotage de la Fondation de coopération scientifique.

Cette même année, l’établissement public Paris-Saclay a réalisé d’importantes avancées s’agissant du projet d’aménagement ducluster. Un schéma de développement territorial s’élabore en collaboration avec les collectivités territoriales, sous l’égide du préfet de la région d’Île-de-France. Un travail approfondi est en cours sur le cœur du cluster, en étroite concertation avec la communauté d’agglomération du plateau de Saclay, présidée par M. François Lamy.

La délimitation de la zone de protection naturelle et agricole prévue par la loi est en bonne voie. Ce point est très important. Votre question, monsieur le sénateur, m’offre l’occasion de redire avec force que le projet s’inscrit parfaitement dans l’environnement agricole du plateau de Saclay, qui sera tout à fait préservé. Nous tiendrons cet objectif.

L’enquête publique aura lieu début 2012. S’implantent déjà sur le plateau l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay ou EDF, qui installera en 2014 un centre de recherche ainsi que son campus d’entreprise, sans oublier l’École centrale de Paris, pour laquelle le résultat du concours d’architectes sera rendu public au premier trimestre de 2012.

Vous le voyez, les progrès réalisés en 2011 ont enclenché une forte dynamique d’attractivité pour Paris-Saclay. Il convient de poursuivre nos efforts, avec l’ensemble des collectivités, pour l’amplifier et la rendre irréversible. (Applaudissements sur les travées de l’UCR et de l’UMP.)