Progression inquiétante des faits de violence (M. le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve)

Publiée dans le JO Sénat du 22/05/2014 – page 1181

M. Pierre Charon attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur la progression très inquiétante des faits de violence. D’après les chiffres récents de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, les faits de violence, depuis le 1er janvier 2014, ont augmenté dans quatre départements sur cinq en France. Ils ont augmenté de près de 6 % par rapport au premier trimestre 2013, 8 % même pour les actes de violence gratuits. Des chiffres montraient déjà une envolée entre février 2012 et janvier 2013 avec une augmentation de 7 %, puis de 13 % entre février 2013 et janvier 2014
C’est une dégradation générale inquiétante dans 76 départements métropolitains sur 96, d’autant qu’il est constaté une recrudescence des violences gratuites, des violences de rue, le fait de mineurs qui n’ont plus de limites selon le témoignage des policiers.
À Paris, les violences ont augmenté de 4 % depuis le début de l’année, soit une centaine de faits par jour, dont des violences non crapuleuses qui ont explosé de 16 % au premier trimestre. Dans le reste de l’Île-de-France la situation n’est pas moins préoccupante tout comme dans certains départements.
Dans le même temps, on déplore moins de patrouilles sur le terrain mais de plus en plus de messages d’impunité adressés par le Gouvernement aux délinquants. Le projet de réforme pénale en est un. Au motif de lutter contre la récidive, il aura d’abord pour effet, si ce n’est pour but, de vider les prisons. Il faut rappeler que, déjà, le taux d’incarcération en France est un des plus bas d’Europe comme le dévoilent les études Space I et II du Conseil de l’Europe le 28 avril 2014. Si la prison n’est pas la panacée, elle a au moins le mérite incontestable d’écarter momentanément le danger.
La crise économique, la hausse des inégalités sont souvent des causes invoquées. Mais la délinquance n’est pas une fatalité. Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, la délinquance a chuté depuis la crise de 2008.
En réalité, c’est un mal profond qui doit être traité. Un diagnostic réaliste s’impose, sans démagogie ni dogmatisme. Les Français s’inquiètent, les touristes aussi, pour lesquels pourtant le ministre des affaires étrangères recommande de réserver le meilleur accueil. Ils sont hélas, eux aussi, de plus en plus souvent victimes de la délinquance de bandes organisées, étrangères et volatiles. Un sentiment d’insécurité croissant s’installe.
Des policiers chinois seront d‘ailleurs prochainement envoyés en renfort à Paris pour rassurer leurs ressortissants, connus pour leur fort pouvoir d’achat et de plus en plus fréquemment agressés.
En conséquence, il lui demande quelle stratégie nouvelle il compte mettre en place pour endiguer cette délinquance avec violence qui gangrène notre pays.

Transmise au Ministère de l’intérieur

En attente de réponse du Ministère de l’intérieur