Frédéric Péchenard, un grand flic dans la manche de Sarkozy

Frédéric Péchenard (à gauche) avec Rachida Dati et Pierre Charon (à droite) pendant le meeting de Nathalie Kosciusko-Morizet pour la mairie de Paris, le 10 février 2014.

PORTRAIT – Tour à tour patron de la brigade criminelle, du Quai des Orfèvres et de la Direction générale de la police nationale avant de se lancer en politique, ce préfet charismatique a été considéré dans les rangs de la police comme «le meilleur de sa génération».

Fort de son sens de l’organisation et de son profil de meneur d’hommes, Frédéric Péchenard est sans conteste un atout dans la manche de Nicolas Sarkozy. Lié à l’ancien chef de l’État par une vieille amitié et une fidélité inoxydable, ce préfet au franc-parler parfois aussi drôle que décapant a affiché une fulgurante carrière dans la police. Au point d’être aujourd’hui encore cité par ses pairs comme le «meilleur de sa génération».

Fils d’un avocat d’affaires réputé et biographe de Proust, Frédéric Péchenard a grandi rue Fortuny dans le XVIIe, arrondissement qu’il n’a, depuis lors, jamais quitté. Dans sa jeunesse, il y croise en voisin Nicolas Sarkozy, mais aussi ses frères Guillaume et François, car leurs mères, toutes deux juristes, sont très liées. «Mais ils n’ont jamais été amis, comme l’a toujours laissé entendre un mythe à la peau dure, confie un proche. Frédéric était plus jeune que Nicolas, et ce dernier n’a jamais fait pas partie de ses copains du lycée Carnot.»

«Bluffé» par le courage de Sarkozy lors de la prise d’otages de Neuilly

Natif de Neuilly, familier du Polo Club, ce juriste au verbe alerte aurait pu embrasser la lucrative carrière de ses parents. Mais son goût prononcé pour le travail en équipe, conjugué à celui de l’action, l’incite à faire son service national comme officier dans les chasseurs parachutistes et à rejoindre les bancs de l’école de commissaires de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or.

Après avoir fait sa première expérience de commandement comme chef du commissariat Chaillot en 1983, ce flic de terrain traverse toutes les grandes brigades centrales du 36, quai des Orfèvres. À partir de 1989, Péchenard le «pêchu» est nommé chef de section à la brigade des stupéfiants, puis patron de la section antiterroriste de la Crim’ avant d’être bombardé numéro deux de l’antigang. Là, il a un rôle de soutien logistique du Raid dans les murs de l’école maternelle de Neuilly en mai 1993, au moment où «Human Bomb» avait pris en otage une classe d’élèves. À cette occasion, Péchenard recroise Nicolas Sarkozy. C’est l’heure des retrouvailles: le maire de Neuilly d’alors apprécie le grand flic. Ce dernier se dit «bluffé» par le courage de l’élu qui a le cran de négocier devant la porte de la classe avec le preneur d’otages bardé d’explosifs avant de ressortir avec des gamins dans les bras.

De la Crim’ aux cafés politiques

Depuis lors, Nicolas et Frédéric ne se perdent plus de vue. Devenu sous-directeur des affaires financières en 2003 quand son mentor était au ministère de l’Intérieur, puis assez logiquement patron de la PJ parisienne, Frédéric Péchenard décroche le poste de directeur général de la police nationale en 2007 lorsque son «ami» accède à l’Élysée, même si son meilleur souvenir reste celui de patron de la Crim’, où, confiait-il à l’époque au Figaro, il a pu «aborder l’enquête dans ce qu’elle a de plus sacrée».

Faisant preuve d’un sens aigu de la camaraderie, soutenant sans ciller ses collègues en période de gros temps, Frédéric Péchenard, limogé après la présidentielle de 2012, a pris la tête de la délégation interministérielle à la sécurité routière. Les mauvaises langues l’ont alors dit «muté à la circulation».

Mais «Pèche», comme le surnomment certains copains policiers, n’en a eu cure. Nommé préfet «hors cadre» à l’Inspection générale de l’administration, il s’est lancé en politique à l’occasion des dernières municipales, sur la liste de Brigitte Kuster, maire UMP du XVIIe arrondissement. Ce serait Pierre Charon qui lui aurait soufflé l’idée. Frédéric voulait donner un coup de main à «Nathalie» Kosciusko-Morizet.

Parti tout feu tout flamme, il a profité de son sens du contact pour tracter sur les marchés et animer des «cafés politiques», partir en croisade contre les «salles de shoot» et pour redonner du tonus à une «police démobilisée». Se cantonnant jusqu’alors à commenter la politique parisienne, le préfet Péchenard pourrait changer de braquet et prendre une envergure nationale si son «ami» Nicolas en décide ainsi.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/09/15/01016-20140915ARTFIG00177-frederic-pechenard-un-grand-flic-dans-la-manche-sarkozy.php