le pacificateur

Le PS reste le seul point d’ancrage à gauche. » Jean-Christophe Cambadélis en est persuadé : face à une gauche fragmentée, le seul pôle de stabilité reste le Parti socialiste. Et son premier secrétaire n’a pas renoncé à faire sienne la théorie de François Mitterrand : « L’aimant attire la limaille. » Il estime que la seule question qu’il faudra se poser avant 2017 sera : « Voulez-vous de la gauche au second tour ? » La réponse positive obligera les dirigeants de la gauche à se rassembler autour du candidat socialiste. Cambadélis travaille donc activement à ce rassemblement. Son objectif ? Créer une « alliance populaire » contre ce qu’il appelle le « bloc réactionnaire de la droite extrême à l’extrême droite ». Et l’ancien trotskiste a pris son bâton de pèlerin pour réunir les chapelles de la gauche, quitte à commencer par les plus insignifiantes, comme la Gauche unitaire de Christian Picquet, issue d’une scission avec la LCR (Ligue communiste révolutionnaire). Tout est bon pour démontrer que le PS n’est pas isolé dans la perspective de 2017, en attendant le verdict des urnes des régionales de décembre, qui, il l’espère, ramènera un peu de raison chez les alliés communistes et écologistes.

Après avoir expliqué à Nicolas Sarkozy lors du congrès des Républicains qu’il devait ménager François Bayrou, Gérard Larcher poursuit sa logique de main tendue aux centristes. Le président du Sénat emmènera dans sa délégation à la visite de l’Exposition universelle de Milan, les 14 et 15 juillet, outre le sénateur de Paris, Pierre Charon, le président du groupe UDI-UC François Zocchetto ainsi que Catherine Morin-Desailly, sénatrice UDI. L’œcuménisme du président Larcher va même jusqu’aux écologistes, puisque Jean-Vincent Placé sera également du voyage.

Les entreprises françaises font-elles vraiment du lobbying ? On peut se poser la question au vu des premiers résultats, surprenants, de l’enquête réalisée par le pôle études de l’agence Proches. Sur la base du registre de l’Assemblée nationale, les consultants de l’agence ont constaté que seules 15 entreprises du CAC 40 y étaient inscrites et que 45 % d’entre elles déclarent moins de 10 000 euros de budget annuel pour le lobbying. Un chiffre sous-estimé ? A titre de comparaison, le Medef revendique un budget de 600 000 euros.

La stratégie de Valls n’a pas échappé à cet interlocuteur régulier du Président : « Il ne construit pas de courant au PS, il entretient des relations humaines dans tous les courants. » Manière habile de tisser sa toile sans provoquer de heurts et d’actionner les soutiens le jour où…

Source : Le Figaro Magazine – Entrées libres – Politique – Vendredi 3 juillet 2015 – CARL MEEUS