A Paris, la Maison Ozanam ouvre ses portes aux familles du quartier des Batignolles

 A-Paris-la-Maison-Ozanam-ouvre-ses-portes-aux-familles-du-quartier-des-BatignollesSource La Croix : P.RAZZO/CIRIC

Inauguré samedi 12 septembre par le cardinal André Vingt-Trois, ce centre associatif et spirituel chrétien ambitionne de devenir un acteur important de la vie d’un quartier de Paris en pleine rénovation.

Avec sa baie vitrée orange frappée d’une grande croix blanche, le lieu est à la fois discret et bien identifiable. Dans le nord du 17e arrondissement de Paris, au cœur du nouveau quartier Cardinet Chalabre, la Maison Ozanam a été inaugurée samedi 12 septembre par le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris. Elle s’apprête désormais à recevoir enfants, jeunes et familles du quartier.

Œuvre de l’architecte Jean Bocabeille, la « maison » occupe une surface de 1 100 mètres carrés, au rez-de-chaussée et sur une partie d’un étage des nouveaux immeubles d’habitation du quartier. En plus d’une chapelle de 200 places, elle est composée d’une salle de spectacle, d’espaces de réunion et de bureaux.

PROJET DE PATRONAGE

« La Maison sera un lieu de silence et de prière, mais aussi un espace de rencontre, d’accueil et d’amitié », prédit le P. Olivier Teilhard de Chardin, curé de Sainte-Marie-des-Batignolles, la paroisse voisine. Les familles et l’éducation sont les priorités de cette maison de quartier, qui fait la part belle à un projet de patronage. À sa tête, François Tranchant, jusqu’alors directeur adjoint du Bon Conseil, un patronage très actif dans le 7e arrondissement. « Ici, tout est à faire, prévient-il. Il va falloir aller chercher les enfants des paroisses et des écoles alentour. » Il compte tirer profit de l’environnement du lieu pour faire connaître la Maison : « Des grands jeux accessibles à tous seront organisés dans le parc. L’animation de rue permettra de toucher un public large et d’aller au-devant de ceux qui ne pousseraient pas la porte de la Maison. »

La nouvelle structure se donne aussi pour mission de proposer un soutien aux parents qui en ont besoin. Le Cler, mouvement dont l’une des activités est le conseil conjugal, et le Secours catholique y disposeront de permanences. La fondation Apprentis d’Auteuil, investie dans le projet depuis ses débuts, y proposera un accompagnement éducatif. Pour Gilbert Magnier, directeur de la fondation pour la zone Paris-Saint-Denis, ce sera l’occasion de développer « une entraide entre les familles, un espace d’échange qui montrera aux parents qu’ils possèdent eux-mêmes des compétences en matière d’éducation ».

Les adolescents et les jeunes auront également leur place dans la Maison. Le Centre pour l’initiative des jeunes (Cepije), association créée il y a vingt ans à Montrouge avant d’essaimer dans la région parisienne, disposera d’une nouvelle antenne pour son programme d’insertion sociale des jeunes en difficulté. Les collégiens et les lycéens qui le souhaitent pourront seconder les animateurs du patronage. « Ils auront des responsabilités adaptées à leur âge, comme des grands frères et sœurs dans une fratrie », explique François Tranchant.

UN PROJET DE 5 MILLIONS D’EUROS

Le coût total du projet, entamé en 2010, s’élève à 5 millions d’euros. Les Chantiers du cardinal, organisme qui finance des chantiers des diocèses d’Île-de-France, ont participé à hauteur de 580 000 €. L’initiative a aussi reçu 14 000 € de la municipalité, par le biais de la réserve parlementaire de Pierre Charon, sénateur Les Républicains (LR) d’Île-de-France et conseiller de Paris. « Ce renouveau urbain, pour être parfaitement complet, doit s’accompagner d’une dimension spirituelle et fraternelle », estime l’élu. Il précise que « si la dimension religieuse existe, c’est davantage l’ambition altruiste et caritative qui justifie (son) intérêt pour ce projet ».

Quant à la maire (LR) du 17e arrondissement, Brigitte Kuster, elle ne cache pas sa fierté. « La Maison Ozanam est le cœur battant du nouveau quartier », écrit-elle dans la dernière édition du bulletin municipal, considérant, elle aussi, que « le développement de la ville ne peut s’accomplir sans spiritualité ». Pour l’élue, « s’adresser aux familles sera particulièrement porteur et créateur de lien social » dans ce quartier qui s’apprête à accueillir 6 500 nouveaux habitants et 12 500 salariés.