Archives mensuelles : décembre 2016

Contrôle de Palmyre par les troupes de l’État islamique

alerte Sénat

 

 

Question n° 24428 adressée à M. le ministre des affaires étrangères et du développement international

À publier le : 22/12/2016

M. Pierre Charon interroge M. le ministre des affaires étrangères et du développement international sur la probable prise de Palmyre par les troupes de l’État islamique en Irak et au Levant (Daech). Cet évènement a créé une certaine surprise, alors que les médias sont particulièrement concentrés sur la ville d’Alep. Pourtant, la situation à Palmyre est tout aussi préoccupante, ne serait-ce qu’en raison de la présence de l’État islamique. Les citoyens sont en droit d’obtenir un éclaircissement sur la situation à Palmyre. De nombreuses craintes pèsent sur cette ville qui abrite un site archéologique, considéré comme un élément important du patrimoine de l’humanité. La prise de Palmyre, en mai 2015, avait suscité un choc dans l’opinion mondiale. Il serait regrettable que ce lieu retombe sous le contrôle de l’État islamique, dont la présence doit être clairement éradiquée. Il lui demande donc des éclaircissements sur la situation qui prévaut à Palmyre.

Réponse de M. le ministre des affaires étrangères et du développement international

Publiée le : 11/05/2017, page 1706

La perte de la ville de Palmyre, le 11 décembre 2016, au moment même de la reprise d’Alep, a montré une fois de plus que le régime et ses soutiens luttent majoritairement contre l’opposition et non contre Daech. Les forces du régime syrien, avec l’appui de leurs alliés, ont repris le 2 mars 2017 la ville de Palmyre à l’organisation État islamique (EI), qui l’occupait depuis décembre 2016. Le reflux de Daech à Palmyre, ville classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est une nouvelle positive. Cependant, le site a subi de nouveaux dommages irrémédiables. Deux monuments antiques, le Tétrapyle, un édifice de seize colonnes, édifié vers 270 après J.-C, et la façade du théâtre romain ont été dynamités par le groupe terroriste. Ces destructions s’ajoutent à celles commises par Daech en Syrie et en Irak (saccage du musée de Mossoul, dynamitage et pillage des ruines de Nimroud, destructions à Hatra) et aux violations massives contre les droits de l’Homme perpétrées par le groupe terroriste, dont les populations civiles sont les premières victimes. La France est résolument engagée dans les efforts de la communauté internationale à y mettre un terme et s’assurer que les auteurs de ces crimes, dont certains pourraient être constitutifs de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité, en répondront. Par ailleurs, la France, fidèle à ses principes est mobilisée pour la préservation du patrimoine et de la diversité culturelle. Elle s’est associée aux Émirats arabes unis et a organisé à Abou Dhabi en décembre 2016 une grande conférence internationale sur la protection du patrimoine menacé de destruction dans les situations de conflit armé ou de terrorisme. Y a notamment été décidée la création d’un fonds international pour la protection du patrimoine en danger dans les zones en conflit dont l’objectif est de lever 100 millions de dollars. A également été mis en place un réseau international de refuges de biens culturels en danger, en réponse aux demandes des États souhaitant mettre à l’abri leurs œuvres d’art en péril. La réunion des donateurs et de soutien à l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine en péril, qui s’est tenue le 20 mars dans la Cour Khorsabad du Musée du Louvre en présence du Président de la République, a acté le lancement officiel de ces nouveaux instruments destinés à une meilleure protection du patrimoine culturel en péril. Grâce aux nombreuses contributions (la France contribuera à hauteur de 30 millions de dollars), nous avons déjà réuni près de 75,5 millions de dollars. Ce fonds international va permettre de financer des projets de préservation, de restauration ou de réhabilitation du patrimoine culturel mis à mal par des conflits armés. La Syrie est effectivement un des pays prioritaires pour la réalisation future de tels projets, lorsque les conditions de sécurité et politiques permettront une action concrète sur place. Outre ses efforts et sa mobilisation dans la lutte contre le terrorisme, sous toutes ses formes, et pour la préservation du patrimoine, la France poursuivra avec détermination la recherche d’une transition politique qui seule permettra de mettre un terme au martyre du peuple syrien et un retour de la paix et de la stabilisation.