Archives de l’auteur : Henri Jozefowicz

Non-respect de l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public

Question n° 07148 adressée à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice

À publier au JO du Sénat le 11/10/2018 

M. Pierre Charon interroge Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur l’application effective de l’interdiction du voile intégral posée par la loi n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public. Cette loi affirme clairement dans son article 1er que « nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage ». En effet, au regard de témoignages, il apparaît clairement que des personnes recherchées ont pu se soustraire à des interpellations par le port de la « burqa ». Un tel subterfuge pose donc la question de l’application effective d’une disposition pénale votée en 2010 qui consiste notamment en une contravention punie, selon l’article 3 de la loi précitée, par l’amende qui est prévue pour les contraventions de la deuxième classe. Il lui demande donc des explications sur le non-respect d’un dispositif fondamental. Il souhaite également savoir si l’effectivité de cette interdiction ne devrait pas être renforcée par l’institution d’un délit.

Allègement des formalités des officiers de police judiciaire pour faciliter l’exercice de leur mission

Question écrite n° 05328 adressée à Mme la garde des sceaux, ministre de la justice

Publiée au JO du Sénat le 31/05/2018

M. Pierre Charon interroge Mme la garde des sceaux, ministre de la justice, sur les difficultés soulevées par la multiplication des formalités qui pénalise ainsi la mission des officiers de police judiciaire (OPJ). En effet, au regard de nombreux témoignages, on constate que les officiers de police judiciaire ne peuvent procéder à l’audition du prévenu rapidement en raison de ces nombreuses formalités. Cette situation entraîne un véritable découragement dans la profession, dont la demande la plus claire est l’allègement de ces contraintes administratives et juridiques. La procédure pénale est ainsi complexe, alors que d’autres intérêts, dont le plus urgent est celui de la répression, sont en jeu. Qui plus est, ces contraintes donnent un fâcheux message dans l’interpellation des délinquants. Ces formalités ne facilitent guère l’exigence de répression quand des délits ont été commis. Elles encouragent la défiance de nos concitoyens envers la justice, ce qui, par ces procédures complexes, ne facilite guère le travail de notre police confrontée à une délinquance galopante. Cette simplification des procédures est donc une nécessité. Il lui demande ce qu’elle envisage dans ce dossier qui réclame des mesures rapides.

Réponse de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice

Publiée au JO du  Sénat  le 04/10/2018, page 5038 

La part croissante des actes procéduraux dans le cadre de l’enquête pénale est régulièrement dénoncée par les services de police judiciaire, qui considèrent que le temps consacré à l’accomplissement des diligences formelles ou d’exercice des droits et leur mention sur procès-verbal nuisent à la réalisation ainsi qu’à la qualité des investigations. Le ministère de la justice œuvre de manière continue pour clarifier et simplifier la procédure pénale. Un premier groupe de travail portant sur la simplification de la procédure pénale a été installé en 2013. Un second groupe de travail consacré à la simplification de la procédure pénale et à l’allègement des tâches des enquêteurs, animé par le ministère de la justice, auquel étaient associées la direction générale de la police nationale et la direction générale de la gendarmerie nationale a été mis en place en 2015. Les préconisations de ces groupes de travail ont été consacrées par la loi du 3 juin 2016 et le décret du 7 septembre 2016 qui ont apporté des modifications conséquentes à la procédure pénale dans un souci de simplification. En outre, la loi relative à la sécurité publique du 28 février 2017 a apporté des réponses à certaines préoccupations des policiers et des gendarmes, notamment en matière d’usage des armes, d’anonymat dans le cadre des procédures judiciaires, d’aggravation des peines en matière d’outrage, de rébellion et de refus d’obtempérer. Enfin, après consultation notamment du ministère de l’intérieur, le ministère de la justice a élaboré le projet de loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la Justice. Ce projet de loi répond aux souhaits de simplification de la procédure pénale dans le respect des exigences conventionnelles et constitutionnelles. Parallèlement aux consultations menées dans le cadre des chantiers de la Justice, un troisième groupe de travail consacré à la simplification de la procédure pénale à droit constant s’est réuni en mars 2018. Piloté par la direction des affaires criminelles et des grâces, des représentants de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) et de la direction générale de la police nationale (DGPN) ont activement participé aux travaux. Au cours de ces derniers, il est notamment apparu que les dispositions récentes de simplification de la procédure pénale étaient méconnues des enquêteurs. Les directions concernées ont ainsi proposé la diffusion d’instructions rappelant ces dispositions, ainsi que la mise en place de formations adaptées aux enquêteurs afin que les mesures nouvelles, simplifiant la procédure pénale, soient effectivement mises en œuvre.

Attaques de kiosques à journaux à cause d’un chef d’État étranger par un journal français

Question écrite n° 05405 adressée à M. le Ministre d’État, ministre de l’Intérieur, transmise au ministre de la Justice

Publiée au JO du Sénat du 07/06/2018, page 2785

M. Pierre Charon interroge M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur, sur les retraits violents en mai 2018 d’une affiche de magazine d’un kiosque de presse. Ce magazine mettait en cause un chef d’État étranger. Dans certains cas, des kiosquiers ont subi des mesures d’intimidation obligeant la police à intervenir pour sécuriser les kiosques et remettre à leur place les affiches enlevées. Ces violences ont suscité, à juste titre, de vives réactions, étant donné que la presse française ne saurait vivre sous un régime de censure. Dans le passé, quand des chefs d’État français avaient été critiqués par certains organes de presse, parfois de façon injuste et même sans délicatesse, personne n’est allé attaquer les kiosques à journaux pour en retire telle affiche. Les militants des partis politiques français, dont les élus ont pu être mis en cause, n’ont pas commis d’attaques violentes au motif que tel journal déplaisait. La destruction sauvage d’affiches de couvertures de magazines accompagnée de menaces contre les vendeurs de journaux est une atteinte à la liberté de presse et à la démocratie. On voit mal comment cette liberté pourrait être garantie si ses supports sont compromis par des actes délictueux et attentatoires à l’ordre public. Il lui demande donc ce qui est envisagé à l’égard de ces comportements violents, portant atteinte à la liberté de presse, mais également à nos sécurité et sûreté publiques. De tels comportements peuvent, en effet, se reproduire à l’avenir et fragiliser les valeurs et principes de notre pays relatifs à la liberté d’expression.

Réponse de Mme la garde des sceaux, ministre de la justice

Publiée au JO du Sénat le 27/09/2018, page 4 922

La liberté d’expression et d’information constitue l’un des fondements essentiels d’une société démocratique et est un droit fondamental reconnu par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789, qui fait l’objet d’une attention constante du législateur et des juridictions. La liberté de la presse, support nécessaire de la liberté d’expression, est garantie par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse ainsi que par la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication dont les articles 1er proclament un principe de liberté de l’imprimerie, de la librairie, de la communication audiovisuelle et de la communication par voie électronique. Ces lois assurent l’effectivité de la liberté d’expression et de communication, en encadrant strictement la répression par un régime propre. Ce régime s’articule autour de quatre grandes spécificités : un régime de la presse écrite exempt de tout contrôle préalable ; la définition de diverses infractions visant à instituer un équilibre entre la liberté d’expression et la protection des personnes ; l’établissement d’un régime de responsabilité pénale spécifique en matière de presse et la mise en place d’un régime procédural strict. Au-delà de ces dispositions spécifiques, la liberté d’expression est pénalement protégée par le code pénal, lequel incrimine en son article 431-1 le fait d’entraver, de manière concertée, l’exercice de cette liberté que cela soit par menaces, violences, voies de fait ou destructions et dégradations. Ainsi, les faits de retrait violent d’une affiche supportant la couverture d’un magazine d’un kiosque de presse commis le 26 mai 2018 à Valence ont donné lieu à l’ouverture d’une enquête des chefs d’entrave à la liberté d’expression, extorsion et vol aggravé. Les investigations aux fins d’identifier les auteurs de ces faits demeurent toujours en cours. La protection de la liberté d’expression et de son corollaire, la liberté de presse, demeure pour Mme la Garde des Sceaux, ministre de la justice, une priorité.

 

Difficultés suscitées par la disparition prochaine des lignes fixes en France

Question n° 06985 adressée à M. le ministre de l’économie et des finances

À publier le : 27/09/2018

M. Pierre Charon interroge M. le ministre de l’économie et des finances sur les conséquences de la disparition des lignes fixes en France. En effet, une telle disparition peut soulever des difficultés dans la mesure où cette situation serait compensée par la mise à disposition de box. Or l’installation de ce matériel peut déjà susciter des désagréments. Même s’il constitue une facilité au niveau numérique, il pourrait y avoir des problèmes en cas de coupure de courant. Le matériel est ainsi inutilisable, ce qui peut être délicat dans des situations d’urgence. De manière plus générale, il existe également une part de la population française qui n’est pas habituée à l’utilisation des lignes de téléphone portable. La disparition des lignes fixes pénaliserait ainsi ce public pour qui les lignes fixes constituent un contact privilégié vis-à-vis de l’extérieur. De nombreuses difficultés pourraient donc être à prévoir. Il lui demande donc des explications sur la portée d’une telle disparition et les solutions qu’il envisage concernant les désagréments causés par cette situation.

Démarrage tardif des programmes transmis en soirée sur les chaînes de télévision

Question écrite n° 06866 adressée à Madame la ministre de la culture

Publiée au JO Sénat du 20/09/2018, page 4726

M. Pierre Charon interroge Mme la ministre de la culture sur les difficultés posées par les démarrages de plus en plus tardifs des programmes en soirée constatés sur les chaînes de télévision. En effet, ces programmes débutent à des horaires situés aux alentours de 21 h 10. Les téléspectateurs des différentes chaînes se plaignent même d’horaires qui ne sont pas respectés. Le temps d’attente peut ainsi représenter une différence d’une demi-heure entre le créneau annoncé et la diffusion effective du programme. Certains programmes, notamment à vocation culturelle, ne mériteraient pourtant pas d’être diffusés aussi tardivement. Qui plus est, ces démarrages tardifs peuvent avoir des conséquences sur le métabolisme des téléspectateurs. En effet, certains d’entre eux doivent se coucher tôt en raison d’une semaine extrêmement chargée sur le plan professionnel ou familial. De nombreux téléspectateurs font part de leur mécontentement et ne comprennent pas l’absence de réponses sérieuses et plausibles. Il lui demande donc des explications sur ces démarrages particulièrement tardifs de programmes sur nos chaînes de télévision.

Nuisances causées par le développement des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI) en zone urbaine

Question écrite n° 06084 adressée au ministre d’État, ministre de l’Intérieur

Publiée au JO du Sénat du 12/07/2018, page 3426

M. Pierre Charon attire l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’intérieur sur les problèmes posés à l’ordre public par la prolifération en milieu urbain des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI), qu’il s’agisse des gyropodes, des gyroroues, des hoverboards (skates électriques) ou des trottinettes électriques. En effet, le développement significatif de ces véhicules, constaté au cours de ces dernières années, soulève de nombreuses difficultés. Circulant sur les trottoirs, ces instruments de locomotion constituent de véritables dangers pour les piétons, qui risquent d’être heurtés et renversés. Ces véhicules circulent également dans les différentes rues, posant de véritables problèmes aux automobilistes, qui doivent redoubler de précaution face à des instruments imprévisibles. La difficulté est d’autant plus patente que ces véhicules ne sont pas considérés comme des véhicules terrestres motorisés. En outre, le fait qu’ils empruntent les pistes cyclables met en danger la vie des cyclistes qui sont les seuls utilisateurs appropriés. À ce jour, il n’existe même pas de véritable réglementation sur la question. La seule indication relative à leur statut est délibérément vague, leurs utilisateurs étant assimilés à de simples piétons, alors que leur comportement diffère manifestement de ces derniers. Pourtant, les nuisances sont nombreuses et les accidents réels. Il lui demande donc ce qu’il envisage à l’égard du phénomène des nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI), dont la prolifération est préjudiciable à la sécurité de nos agglomérations.