Archives de catégorie : Questions d’Actualité au Gouvernement

Condamnation à mort d’Asia Bibi pour blasphème

QUESTION D’ACTUALITÉ à Monsieur le Ministre des Affaires Étrangères

 

Asia Bibi est une jeune chrétienne pakistanaise condamnée à mort pour blasphème contre le prophète, ce qu’elle a toujours nié. Asia Bibi paye le prix de convictions qu’elle ne veut pas renier. La vérité nous oblige à reconnaître que le crime d’Asia Bibi, c’est tout simplement sa foi chrétienne. Et rien d’autre.

 Son cas illustre à lui seul les différentes persécutions que subissent les chrétiens dans certains pays où il ne fait pas bon d’appartenir à une minorité religieuse. Asia Bibi est tout simplement un bouc-émissaire dans des sociétés guidées par les démons du rejet et de l’intolérance. Elle témoigne de ce calvaire permanent enduré par des millions de chrétiens en Irak, en Syrie et au Pakistan, où sévit la nouvelle barbarie du XXIsiècle.

 L’affaire est si sensible au Pakistan que certains n’osent plus défendre Asia Bibi : un gouverneur de province et un ministre ont même été assassinés parce qu’ils avaient pris fait et cause pour la jeune chrétienne ; la justice pakistanaise, redoutant la vindicte des foules et la violence des fanatiques, préfère faire profil bas, quitte à piétiner les principes fondamentaux du droit.

Emprisonnée depuis 2009, Asia Bibi a été condamnée à mort en novembre 2010. La Haute cour de Lahore a confirmé le 16 octobre dernier cette condamnation à mort. Un recours a été déposé devant la Cour suprême, le 24 novembre 2014.

 De nombreuses mobilisations ont eu lieu, aussi bien en France que dans le monde entier. Des pétitions ont été signées et des élus sont montés au créneau. La diplomatie doit aussi montrer son courage dans ces questions et ne pas se retrancher derrière la prudence. Quand la prudence est partout, le courage n’est nulle part !

 La France doit faire comprendre au Pakistan que l’exécution d’Asia Bibi serait un affront à tout ce que nous avons de plus cher et qui va bien au-delà de nos intérêts matériels.

 N’ayons pas peur de demander au Président pakistanais d’intervenir comme l’a demandé le Président Bruno Retailleau au Président de la République Française.

 Asia Bibi doit échapper à la peine de mort et retrouver sa liberté, son honneur de croyante, de femme et de mère de famille !

Je vous demande, Monsieur le Ministre, de nous dire ce que la France envisage pour mettre fin à cette situation inique et honteuse.

Manifestation « Mariage pour tous » le 24 mars 2013 (Question d’actualité à Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur)

Publiée dans le JO Sénat du 29/03/2013, page 2540

Ma question s’adresse à M. le ministre de l’intérieur.

Monsieur le ministre, dimanche dernier, les opposants au projet de loi dit du « mariage pour tous » se sont de nouveau réunis pour une manifestation familiale et pacifique.

Une fois de plus, vos services ont annoncé un chiffre de participation aberrant, encore confirmé hier soir, celui de 300 000 manifestants, ce qui dénote une volonté délibérée de mentir aux Français, afin de minimiser la réalité de cet énorme mouvement de contestation.

Vous avez ainsi « égaré » 700 000 manifestants le 13 janvier dernier, et plus d’un million cette fois-ci !

Je conçois que le Gouvernement soit agacé par la détermination et la mobilisation massive des opposants à ce texte, mais cela ne saurait justifier ni la manipulation grossière des chiffres, ni les instructions données par vous-même, assisté du préfet de police, depuis la salle de commandement de la préfecture.

Comment expliquez-vous l’utilisation de ce que vous appelez des « aérosols » sur des enfants, des femmes, des pères de familles ?

Jusqu’à présent, ils servaient plus aux asthmatiques qu’aux manifestants ! Pourquoi pas des vaporisateurs, tant que vous y êtes, alors qu’il s’agit de gaz lacrymogènes ? N’ayez pas peur d’employer les mots qui sont les bons !

Hier encore, à l’Assemblée nationale, où mes collègues députés vous ont fortement secoué, vous avez parlé de « groupes extrémistes ».

Monsieur le ministre, je ne sais pas si quelques agités ont pu se faufiler dans la foule, mais toutes les images et les vidéos sont accablantes pour vous et vos services !

Vos « extrémistes » sont des fillettes de huit ans, des personnes âgées, des bonnes sœurs, des familles nombreuses et des élus de la République !

Rendez publiques les nombreuses plaintes de journalistes déposées contre vos services à la préfecture de police ! D’ailleurs, à l’heure où je vous parle, un jeune de quatorze ans est toujours hospitalisé, ne sachant pas s’il récupérera l’usage d’un œil.

Monsieur le ministre, quand le pouvoir s’en prend aux enfants, c’est la République qui saigne !

Comment pouvez-vous expliquer aux Français que, une semaine plus tôt, les CRS étaient restés impassibles devant les syndicalistes de PSA qui faisaient brûler des pneus sur cette même avenue de la Grande-Armée ?

Comment pouvez-vous affirmer que les organisateurs ont été débordés par la manifestation ? Pardon, mais ce sont vos services de renseignement qui, la veille encore, prévoyaient 100 000 personnes, au doigt mouillé !

Effectivement, si vous attendiez quinze fois moins de manifestants, il n’est pas anormal que vos services aient été débordés et que l’on ait à déplorer des incidents…

Il était tout à fait irresponsable de la part du préfet de police de Paris, M. Boucault, d’avoir figé les manifestants, sans prévoir d’issues au cortège. Vous savez à quoi cela revient ? À peu près à remplir une boîte de nuit sans prévoir de sortie de secours !

Cela dit, quand on nomme un directeur de l’ENA patron du maintien de l’ordre, et que l’on court des fauteuils du Grand Rex à la salle de commandement de la PP, il ne faut pas s’étonner d’être débordé par la situation !

C’est pourquoi, devant l’absence de réponse, nous avons décidé, avec un certain nombre de collègues, de demander l’ouverture d’une commission d’enquête, afin d’être éclairés sur les conditions dans lesquelles la préfecture de police n’a pas anticipé, n’a pas encadré cette manifestation et a menti aux Français sur la participation.

GRAND PARIS (Maurice Leroy, Ministre de la Ville, en charge du Grand Paris)

GRAND PARIS (Maurice Leroy, Ministre de la Ville, en charge du Grand Paris)

Question d’actualité publiée dans le JO Sénat du 25/11/2011, page 8465

Ma question s’adresse à M. le ministre de la ville.

Monsieur le ministre, grâce à votre action décisive tout au long de l’année 2011, le projet du Grand Paris est résolument entré dans sa phase de réalisation. Il s’agit désormais d’une ambition partagée par tous, et l’élu parisien que je suis ne peut que s’en réjouir.

Le développement du plateau de Saclay est l’un des piliers du grand projet présidentiel. Il s’agit de faire émerger autour de ce plateau l’un des principaux pôles d’attraction au monde pour toutes les activités liées à l’innovation, en s’appuyant sur les formidables potentiels scientifiques et technologiques qui y sont regroupés. La réussite de ce projet est d’autant plus importante que, aujourd’hui, notre économie doit se battre pour gagner le moindre point de croissance.
Le 29 avril 2009, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, le Président de la République, dans un discours visionnaire, nous présentait le projet du Grand Paris.

Dix-huit mois après l’adoption de la loi relative au Grand Paris, pouvez-vous informer le Sénat de l’avancement du projet Paris-Saclay ?

En dépit de l’accord historique sur les transports en Île-de-France conclu le 26 janvier 2011 avec le président de la région, Jean-Paul Huchon, en présence des présidents des conseils généraux des huit départements franciliens, la desserte du plateau de Saclay faisait encore l’objet de divergences. Notre collègue Jean-Vincent Placé en sait quelque chose…

Pouvez-vous nous rassurer sur ce point, monsieur le ministre ? Plus particulièrement, pouvez-vous nous indiquer comment le métro du Grand Paris rendra possible l’intégration de ce cluster scientifique et technologique dans la métropole ? Comment le projet d’aménagement porté par l’établissement public Paris-Saclay, l’EPPS, permettra-t-il le déploiement du campus tout en respectant les espaces naturels et agricoles qui font aussi la richesse du plateau ?
Enfin, comment la dynamique d’innovation économique espérée par tous se met-elle en place entre les différents établissements de recherche et d’enseignement supérieur, ainsi qu’entre ceux-ci et les centres de recherche et de développement des entreprises ?

Réponse de M. Maurice Leroy, ministre de la ville

Monsieur le sénateur, le projet Paris-Saclay sera un moteur de croissance pour l’économie française tout entière.

Sur le plateau de Saclay, l’année 2011 aura été très riche en avancées. Dans l’acte motivé, voté à l’unanimité par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, il a été décidé que les principaux sites du cluster, de Massy à Versailles en passant par Saint-Quentin-en-Yvelines et le campus, seront desservis par le métro automatique.

La Société du Grand Paris étudie toutes les solutions pour tenir le calendrier fixé, le 10 octobre dernier, par le Président de la République.

En 2011, la dynamique de constitution de l’université de Paris-Saclay s’est accélérée, sous le pilotage de la Fondation de coopération scientifique.

Cette même année, l’établissement public Paris-Saclay a réalisé d’importantes avancées s’agissant du projet d’aménagement du cluster. Un schéma de développement territorial s’élabore en collaboration avec les collectivités territoriales, sous l’égide du préfet de la région d’Île-de-France. Un travail approfondi est en cours sur le cœur du cluster, en étroite concertation avec la communauté d’agglomération du plateau de Saclay, présidée par M. François Lamy.

La délimitation de la zone de protection naturelle et agricole prévue par la loi est en bonne voie. Ce point est très important. Votre question, monsieur le sénateur, m’offre l’occasion de redire avec force que le projet s’inscrit parfaitement dans l’environnement agricole du plateau de Saclay, qui sera tout à fait préservé. Nous tiendrons cet objectif.

L’enquête publique aura lieu début 2012. S’implantent déjà sur le plateau l’Institut des sciences moléculaires d’Orsay ou EDF, qui installera en 2014 un centre de recherche ainsi que son campus d’entreprise, sans oublier l’École centrale de Paris, pour laquelle le résultat du concours d’architectes sera rendu public au premier trimestre de 2012.

Vous le voyez, les progrès réalisés en 2011 ont enclenché une forte dynamique d’attractivité pour Paris-Saclay. Il convient de poursuivre nos efforts, avec l’ensemble des collectivités, pour l’amplifier et la rendre irréversible.